FÁTIMA - Primal
Style : Dark / Gothic / Doom / Stoner
Support :
MP3
- Année : 2026
Provenance du disque : Reçu du groupe
8titre(s) - 35minute(s)
Site(s) Internet :
FÁTIMA FACEBOOK FÁTIMA BANDCAMP FÁTIMA YOUTUBE FÁTIMA
Label(s) :
Black Robes Records
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    (18/20)
Date de publication : 06/02/2026
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10 ans de riffs qu’on kiffe !
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Fêtant ses dix ans d’existence avec l’album Primal, il était grand temps que FÁTIMA soit enfin accueilli dans les pages de Metal Intégral.
Quel plaisir de s’immerger dans ce cinquième album et de retrouver l’identité sonore tellement affirmée du trio parisien ! À l’occasion de ce nouvel opus, nos trois homo sapiens se projettent dans un passé profond et fantasmé où ils évoluent dans la peau d’hominidés façon yétis sous un climat glaciaire – vous voyez le tableau ? Gigot de mammouth on the rocks !
Primal s’ouvre avec Sassquatch (aka Big Foot), un morceau que je comparerais à un train de cinq cents tonnes qui descend une colline sans frein. Il déboule ainsi, inarrêtable. Vers 2’10, il a fini de traverser la vallée pour attaquer la côte du versant d’en face. Là, il ralentit dangereusement sans caler, en mode doom, passe une crête vers 3’20 et redescend comme un fou jusqu’au terminus. L’effet est saisissant.
La guitare est shootée aux distorsions et, spécificité de FÁTIMA, j’ai l’impression que le guitariste-chanteur a lui-même avalé une pédale fuzz quand il était petit car sa voix porte naturellement un voile de saturations qui s’accorde à merveille avec son instrument.
Prochaine station : le cimetière des mammouths (Mammoth Graveyard). Là nous dégustons la FÁTIMA’s touch dans toute sa splendeur grâce à la petite couche de gammes orientales, à la mélodie un poil grunge de la ligne vocale et au caractère purement hypnotique du riff. Cette ambiance me plait énormément et se poursuit sur Killer Wart Hog tirée par un puissant moteur stoner. Ici, je me délecte de la dimension psychédélique d’un délicieux passage. Je ne m’attendais pas du tout à ce Dog Ham qui, tout en conservant la tonalité sombre du groupe, convoque une indéniable inspiration pop. J’adore ce genre de surprise. Passée cette excellente expérience, le trio renoue avec la force de son stoner orientalisé sur Chilled Monkey Brains. Punaise, à mi-parcours Antoine nous pète un son de gratte qui tient du sitar électrisé. Qui plus est, cette intervention est suivie d’une rupture rythmique trop classe qui nous plonge dans une angoisse poisseuse. Le kiff ! Zou ! Retour à la case hypnose pour le très joli Gazelle Horns avec un refrain aussi accrocheur qu’un hit de NIRVANA. Le titre garde la pêche avec en prime une superbe envolée instrumentale finale. D’ailleurs, l’énergie gagne encore des points avec le morceau suivant – Primal. Pour ça, rien de mieux qu’une ouverture par le batteur appuyée par une basse-bulldozer, genre « vous voulez du primal ? on va vous en donner ! » Et ça n’arrête pas. Ce titre ne laisse pas pour autant la mélodie sur le bas-côté mais la rythmique est particulièrement têtue. Ah non, c’est déjà la fin ! Il ne reste que Waters Of Babylon. Jamais avare de créativité FÁTIMA rajoute une corde à son arc avec des harmonies vocales trop canon (sans mauvais jeu de mot) sur un chant traditionnel qui puise ses paroles dans le Psaume 137.(Le même psaume ou avait pioché BONEY M pour By The Rivers Of Babylon). En l’occurrence, ici, la source est une version 70s par Don McLEAN. Bref, un final super doux qui remet un sou dans la machine psychédélique avant de tirer le rideau.
Je suis resté un moment dans le silence pour me remémorer tout ce que je venais d’entendre : un groupe mature à la signature originale, des morceau variés, de jolis contre-pieds, une production à la hauteur… C’est vraiment du très bon et si Primal marque le dixième anniversaire du groupe, en vrai, c’est nous qui recevons le cadeau.
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● Identité visuelle ou « C’est pas de l’IA, gros bêta ! »
Je partage cette idée avec le groupe qu’un album est une œuvre globale dont le visuel, les paroles et la musique forment un tout. En effet, quoi de plus délicieux qu’écouter la musique en s’absorbant dans la pochette et en dévorant le livret ? Le soin apporté au visuel est d’autant plus appréciable dans le cas de FÁTIMA qu’il est le fruit des membres du groupe. Antoine a modelé les yétis et peint les décors puis, le groupe a préparé les dioramas et testé les lumières et enfin, Max a pris des tonnes de photos jusqu’à obtenir l’effet recherché. (Voir le making of ici.) La forme est directement héritée des 80s et 90s, ses films de monstres aux créatures animées en stop motion et les figurines du marchandising. À voir toutes les couvertures d’albums de FÁTIMA, nous ne pouvons que constater que grandir cerné par des dinoplastocs de Jurassic Parc ou des tortues ninjas n’est pas sans laisser de séquelles.
● Membres actuels
FÁTIMA est composé de : - Max, basse ; - Antoine, guitare et chant ; - JC, batterie.
● Discographie principale
- 2016 : Livyatan // Black Robes - (EP 2 titres) ; - 2018 : Moaner - (LP) ; - 2020 : Turkish Delights - (LP) ; - 2022 : Fossil - (LP) ; - 2024 : Eerie - (LP) ; - 2026 : Primal - (LP).
● En écoute ici
Extraits de Primal : - Primal : Cliquez ici ! - Chilled Monkey Brains : Cliquez ici !
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