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Dossier :  WISHBONE ASH 1981-1986 la débâcle... mais pas que !
Date de publication : 28/03/2025
Auteur : Alain
NUMBER THE BRAVE (1981) 17/20
Bien que débutée fort positivement avec un excellent album studio (Just Testing) et un album live, la décennie 80 allait mettre à rude épreuve WISHBONE ASH. C’est ainsi que le groupe enregistre un désistement de premier ordre, puisque le bassiste et chanteur Martin TURNER disparaît du paysage. La rupture semble avoir été plutôt houleuse puisque, des années plus tard, le bassiste se produisit sous l’appellation Martin TURNER’S WISHBONE ASH, avec un merchandising reprenant les visuels des grandes heures. Ambiance…

Quoiqu’il en soit, pour compenser le vide, le groupe réalise un recrutement hautement qualitatif en embauchant le vétéran John WETTON (ancien MOGUL THRASH, KING CRIMSON, FAMILY, URIAH HEEP, UK, JACK-KNIFE, futur ASIA…). Ce nouvel attelage enregistre Number The Brave, un album solide, passablement musclé, qui s’inscrit dans le renouveau Hard et Heavy, sans jamais y succomber. Dès le titre inaugural, Loaded, le moins que l’on puisse dire est que le mixage met clairement en évidence des lignes de basse agiles, presque Funk. Les guitares s’arrogent le spectre aigu, avec des rythmes secs et répétitifs, des solos concis mais piquants. Afin de compenser la perte de Martin TURNER en tant que chanteur, le groupe n’hésite pas à avoir recours à des chœurs enthousiasmants.

Suite à cette vivifiante entrée en matière, le groupe privilégie des tempos enlevés (le titre éponyme) ou médium (Open Road, Rainstorm, Kicks On The Street), tous nerveux et affûtés. En sus, le Heavy Rock Get Ready recèle un refrain fort plaisant.
Par contre, le groupe s’avère un peu trop ostensiblement prosaïque avec le Boogie Where is The Love. Tout aussi basique mais plus efficace, That’s That témoigne d’une frénésie Rock’n’Roll de bon aloi. Sans oublier le gros groove Funk Rock de Roller Coaster et la finesse Pop d’Underground.

Même si, dans le contexte de l’époque, cet album ne pouvait pas s’imposer – pas assez Hard, pas assez commercial -, il n’en demeure pas moins une pièce solide dans la discographie du groupe. L’intelligence du producteur Nigel GRAY (THE POLICE, SIOUXSIE AND THE BANSHEES, GIRLSCHOOL, TANK…) consiste ne pas trahir les fondamentaux du groupe, tout en accompagnant son évolution, dans la droite ligne des meilleurs albums du combo dans la seconde moitié des années 70.

TWIN BARRELS BURNING (1982) 17/20
Finalement, John WETTON n’aura fait qu’un passage éclair chez WISHBONE ASH et connaîtra une gloire méritée au sein d’ASIA. Les trois autres membres ne tardent pas à trouver son remplaçant, à savoir Trevor BOLDER, ex-David BOWIE et remplaçant de John WETTON au sein d’URIAH HEEP. Aussi à l’aise à la basse qu’au chant, le nouvel entrant participe à l’enregistrement de Twin Barrels Burning. Hélas mal travaillé par la maison de disques (comme son prédécesseur), l’album ne permet pas un rebond significatif en termes de popularité. Pour autant, artistiquement parlant, ce disque poursuivait une logique plus nerveuse, relativement compatible avec une partie des groupes de la NWOBHM, tout en préservant des caractéristiques soigneusement travaillées, comme les chœurs et les harmonies vocales.

Longtemps difficile à trouver, cet album a été sorti en format double CD par Lemon records, avec trois titres supplémentaires et un second CD consacrés aux remixes américains. Le grand luxe pour un album par trop oublié.

RAW TO THE BONE (1985) /20
Dans la foulée de l’album précédent, le bassiste Trevor BOLDER regagna le bercail d’une énième mouture d’URIAH HEEP. Le groupe colmata la brèche en engageant le jeune Mervyn SPENCE. Mais, à vrai dire, la brèche principale était celle des ventes et de la popularité. Qu’importe la qualité des derniers albums s’il ne se vendent pas ? Aussi, l’enregistrement de Raw To The Bone se fit sous une double contrainte : ne pas décourager les fans historiques, voire les nouveaux fans, et conquérir le fort lucratif marché américain.

Concernant la première contrainte, le groupe ne renoua qu’à la marge avec les harmonies de guitares qui avaient fait sa réputation. Les solos de messieurs Andy POWELL et Laurie WISEFIELD sont certes incisifs et mélodiques à la fois, mais ils ne déclenchent plus de frissons épiques. Restent des riffs relativement tranchants, hélas souvent mixés en retrait, les harmonies vocales prenant souvent le dessus. Le nouvel entrant Mervyn SPENCE apporte une certaine fraîcheur, dans un registre médium, souvent modulé dans les aigus.

En somme, les fans historiques de WISHBONE ASH furent sûrement déçus, voire rebutés par ce répertoire qui taquine la lisière du Hard mélodique. Par contre, si l’on prend la peine de considérer Raw To The Bone pour ses qualités intrinsèques, il faut reconnaître la qualité mélodique de l’ensemble. On regrettera des choix de production et de mixage typiques des années 80, le son concocté par Nigel GRAY (connu pour son travail pour THE POLICE) privilégie une caisse claire clinquante, des lignes de basse mordantes, ainsi que les lignes de chant.

La pochette de cet album mérite qu’on s’y arrête, d’autant plus qu’il en existe deux versions. Signée Ian LOWE, la plus connue représente une femme chevelue et tatouée, le visage défiguré par un rictus rageur. Allongée par terre, elle brandit un os sanguinolent et un silex tranchant ; l’arrière-plan figure des menhirs et des têtes tranchées, piquées au bout de perches. L’impact visuel est maximal. Pour autant, est-ce un visuel approprié, au vu du style concis et mélodique ? On me permettra de penser qu’il convenait mieux à un groupe de Heavy Metal. Œuvre de Nigel WINFIELD, la pochette réservée au marché allemand s’avère à la fois puissante et subtile ; un peintre en bâtiment se trouve attaqué par un aigle immense qui semble tout droit sorti du mur sur lequel l’ouvrier travaille.

Artistiquement clivant, l’album fut un flop des deux côtés de l’Atlantique, entrainant le départ de Laurie WISEFIELD et de Mervyn SPENCE, laissant les vétérans Andy POWELL et Steve UPTON seuls à la barre.

A noter que l’édition CD de Raw To The Bone par Lemon records comporte un titre bonus, quatre morceaux enregistrés en 1986 par un line-up éphémère, ainsi qu’un second CD comportant deux sessions live (huit titres au total) pour la BBC.
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