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Chronique
DIABLO SWING ORCHESTRA - Pacifisticuffs

Style : Metal
Support :  CD - Année : 2017
Provenance du disque : Reçu du label
13titre(s) - 45minute(s)

Site(s) Internet : 
DIABLO SWING ORCHESTRA WEBSITE
DIABLO SWING ORCHESTRA MYSPACE 

Label(s) :
Spinefarm Records
 (20/20)

Auteur : Jan
Date de publication : 06/01/18
Cet album est la super vitamine qu’il vous faut pour rester positif/ve en tous lieux et en tous temps...
Après l’énorme déflagration sonore que fût le dernier album des teutons de FATEFUL FINALITY, il me paraissait nécessaire de prendre quelques jours de repos pour chroniquer des choses plus calmes et faire en sorte que ma dentition, mes côtes et mon joli « p’tit » corps en général, puissent se rétablir au plus vite pour que je puisse continuer à engloutir les bûches, biscuits et autres gourmandises qui se trouvent dans mon congélateur et que j’ai eu l’idée géniale d’épargner pour le mois de janvier et, ainsi, faire râler encore plus mon pèse-personne. Ben quoi ? Ca ne vous arrive jamais à vous d’avoir des fringales inopinément nocturnes ou des pulsions végétales diurnes et ceci à toutes heures ? Voilà, vous l’avouez vous-même que vous n’êtes pas différent(e)s en ce sens de votre journaliste adorée. Ce qui lui fait chaud au cœur, car ainsi elle n’est plus toute seule à titiller sa balance un peu trop sincère rangée quelque part dans sa salle de bain.

Trêve de gloutonnerie, il m’arrive aussi, et là je me mets en mode *confessions très intimes*, de jeter une oreille distraite ou non sur d’autres styles de musique éloignés des dévastations métalliques qu’uniquement les thrasheux et les heavyeux savent faire quand ils sont chez eux à faire transpirer leurs voisins à coups de gros riffs assassins ou de rythmiques « bottages de savates au derrière ». C’est ce qu’on appelle l’éclectisme. Enfin, je crois...Vu que je ne suis pas très douée dans le domaine des champs lexicaux trop complexes pour l’ignorante que je suis...

Et c’est ainsi que je me suis retrouvée subitement à plonger tête la première, malgré la récente disparition de mes incisives favorites maintes fois refaites, dans un piège stylistiquement séduisant. Nonobstant le fait que je suis déjà marquée du sceau des Enfers, il vient de survenir un truc vraiment trop bizarre dans ma piètre existence d’emmerdeuse patentée qui vous barbe quasiment quotidiennement avec toutes ses proses mal-léchées sur les « trop chevelus, trop barbus, trop imbibés de Jack Daniel’s et de Leffe qui jouent aux durs-à-cuire mais qui sont toujours sur les basques de leurs mamounettes ».

« Quoi, encore ? Que t’est-il une énième fois arrivé de si embêtant, moulinette à paroles ? », me demanderez-vous. Et moi, je vous répondrais humblement, tout en rougissant, que j’ai attrapé le diable-au-corps...MAIS, MAIS, MAIS, parce que oui, il y a toujours un MAIS en majuscules avec bibi, histoire de bien vous casser les balles de ping-pong ou les boules de geisha, pas n’importe quel diablotin ! Celui dont j’ai mission de vous présenter en ce jour pluvieux mais non venteux (ouf, parce que la Carmen, loin de son Cádiz natal, me pompait sérieusement l’air avec son usine à soufflets durant cette longue et brutale semaine, tout comme son acolyte d’Eléanor, tout aussi pimbêche que sa copine) fait bouger le popotin, certes, mais pas dans le sens coquin qui vous anime, bande de chérubins sans arc ni fléchettes. Ben oui, tout le monde n’a pas la cervelle tordue ou enflammée de la même manière ! For heureusement, il y a des êtres humains qui savent garder le nord et la tête froide, à défaut d’autre chose...

Ce petit cornu est plaisamment multiple, prend la forme d’un collectif humain extrêmement talentueux et répond au doux nom du DIABLO SWING ORCHESTRA.

Pour celles/ceulles/ceux d’entre vous qui ne seraient pas assez au courant des papotages culturels européens, sachez que la formation, qui comporte actuellement huit musiciens, a vu le jour en 2003 dans les faubourgs de la capitale suédoise. Tout en engloutissant quelques centaines de boîtes de Krisprolls et avoir seulement monté deux ou trois meubles Ikea (puisque même les scandinaves n’avaient pas en leur possession la frangine cadette de la Pierre de Rosette pour déchiffrer le charabia jupitonien du fabricant), le groupe a mis au jour en plus d’une décennie un EP et quatre albums dont ce divertissant Pacifisticuffs. Le combo concentre en supplément de la base rock/metal habituelle (chant, guitare, basse, batterie) un violoncelliste, un trompettiste ainsi qu’un tromboniste et a fait appel à quelques guests qui complètent un panel d’instrumentistes expérimentés pour faire en sorte que ce nouvel opus soit une réussite à la hauteur des disques précédents.

Musicalement, la tribu d’excentriques vikings n’a pas énormément modifié la formule chimique qui lui a permis d’attirer les foules. Toujours aussi complexe, l’art sonore des huit reste totalement barré et bigarré, ce qui lui donne une saveur particulière. La structure repose sur un squelette rock, mais part constamment dans tous les sens, passant du jazz fusion à la salsa ou de la country americana au disco suave. D’aucun aurait du mal à suivre. Pourtant, les zicos sont des pros et, de ce fait, chaque chanson respecte un schéma bien défini où toutes les parties sont imbriquées les unes les autres avec une logique imparable. Ce détail, qui n’en est pas un, permet aux morceaux et, au final à la rondelle toute entière, d’être totalement cohérents, malgré le brin de folie qui s’en dégage. Seule modification notable, la présence d’une nouvelle chanteuse. Exit AnnLouice LÖGLUND et son timbre opératique partie voguer vers d’autres horizons. Bienvenue à Kristin EVENGÅRD et sa voix claire, aérienne et puissante qui ensoleille l’ensemble de son extrême douceur.

Du côté des compos, leurs intitulés étranges pourraient suggérer des textes eux aussi emplis de bizarrerie. Pour autant, il n’en est rien, les paroles étant surprenantes de positivité, de justesse et de spiritualité, donc de sens. DIABLO SWING ORCHESTRA y aborde beaucoup l’Amour, la Fraternité/Sororité, la Vie, le droit d’être qui nous voulons être et bien d’autres choses agréables qui font énormément de bien à l’âme.

L’aspect dansant est ce qui frappe au premier abord. Et ça ne choque pas du tout, bien au contraire. Je me suis laissée aspirer moi-même par cet air pur, bariolé et solaire, qui redonne littéralement le sourire. Non, il n’y a pas que le « true » metal qui est un médicament efficace contre le spleen contemporain. Il y a aussi le rock avant-gardiste et pluraliste de DIABLO SWING ORCHESTRA, qui est une célébration constante de l’existence. Les puristes du genre métallique auraient une fâcheuse tendance à rejeter la diversité au motif que la différence stylistique n’a pas sa place dans un monde où les codes sont omniprésents. Le moindre écart de conduite faisant tâche n’est pas acceptable. Le rock et le metal doivent être comme ci et comme ça, point à la ligne. Pourtant, il est nécessaire et salvateur de changer de perspective pour grandir en tant qu’individu, et comme artiste, l’évolution et l’expérimentation faisant partie intégrante de la nature humaine. Faire toujours la même chose, inlassablement, serait d’un ennui monumental. Le monde est assez riche de variété des cultures, principalement musicales, et ce serait un sacrilège de ne pas goûter intellectuellement à cette vaste créativité qui se présente régulièrement.

Les suédois, visiblement très ouverts d’esprit et de cœur, n’ont pas eu peur de se lancer le défi de la mondialisation de leur musique en y intégrant divers exercices de styles, empreintes du monde dont ils sont un élément parmi tant d’autres. Ainsi, il fait bon de se cultiver au gré des divagations phoniques de ce groupement inventif qui arrive avec aisance à faire voyager l’auditeur géographiquement et historiquement.

Pacifisticuffs est une sorte d’opéra. Du moins, puis-je le décrire de cette manière. Son architecture le suggère fortement. Plusieurs actes et scènes ponctuent cette œuvre d’une originalité inédite. Burlesque, grotesque et grandiloquent sont les qualificatifs qui peuvent s’appliquer à cet album exceptionnel qui swingue du feu de Dieu. Personnellement, je l’adore grave. M’est avis que vous aussi vous pourriez éventuellement l’apprécier à sa juste valeur. Surtout si je vous dit qu’il me fait relativement penser aux travaux de Frank ZAPPA, DARK SARAH, Devin TOWNSEND, la MANO NEGRA, NO DOUBT, MEAT LOAF et des NEGRESSES VERTES, tout cela en une seule et même entité. Rassurez-vous, cette dernière est infiniment mieux foutue que l’ensemble des réalisations des groupes ou musiciens que je viens de citer, exception faite de DARK SARAH, qui reste assez classique dans son approche cela dit.

Grâce à une production dynamique, Pacifisticuffs détonne. Plus encore que les opus sujets de mes dernières chroniques. Ca vous décoiffe, hein ?! Ben, moi aussi. Tellement que j’ai dû m’attacher les cheveux pour qu’ils ne s’envolent pas dès que les premières notes de Knucklehugs (Arm Yourself With Love), Superhero Jagganath et Climbing The Eyewall font leur sortie dans l’Univers. Pacifisticuffs est à la fois futuriste et bien ancré dans le présent, tel un Brave New World d’IRON MAIDEN en son époque. DIABLO SWING ORCHESTRA a du génie. Ses musicien(ne)s sont les Stephen Hawking, Marie Curie et Albert Einstein du heavy rock hybride. Ils ont a minima une dizaine d’année d’avance sur leurs congénères de tous les pays. Certaines personnes les qualifiant de proggeux farfelus (ce qui fût aussi le cas du leader de STRAPPING YOUNG LAD en son temps) à cause de leur propension à la multiplicité de leurs facettes. Oui, ils/elle sortent du lot. « Et alors ? », comme le demande si joliment SHY’M sur Camélélon, l’ultime supportable album de sa discographie. Une armée de clones à la fois sur le plan du comportement et des pratiques intellectuelles serait une monstruosité sans nom. Miraculeusement, le DIABLO SWING ORCHESTRA a fait son apparition il y a pratiquement quinze ans et a bousculé une scène alternative qui tournait infernalement en rond, n’apportant rien de neuf. Les suédois ont repoussé les limites de la bienséance musicale et ont, conséquemment, ouvert des horizons inconnus, paysages artistiques incitant à de palpitantes aventures musicales sans précédent. Ainsi, comme la Lozère, DIABLO SWING ORCHESTRA m’aère. L’octuor innove, s’amuse et se fait plaisir, sans prise de tête, sans limitations, sans rester enchaîné à des normes restreintes qui privent l’être humain de son élévation intellectuelle et spirituelle. Car la musique, c’est avant tout une paire d’ailes qui permet de s’envoler au gré de ses envies et de découvrir le reste du monde vu d’en haut, de s’épanouir intégralement et d’améliorer son quotidien. D’ailleurs, suivez les instructions de Kristin sur Knucklehugs (Arm Yourself With Love), The Age Of Vulture Culture et Lady Clandestine Chainbreaker principalement. Vous comprendrez mieux ce que je cherche à vous exposer ici.

En plus du boulot énorme abattu par les musicien(ne)s, saluons celui de Jakob HERRMANN, Roberto LAGHI et Dragan TANASKOVIC qui, malgré les écueils techniques rencontrés lors du mixage et du mastering, qui ont ralenti la sortie dans les bacs de Pacifisticuffs, ont su transcender les compositions et leur donner un visage terriblement lumineux, illustré judicieusement par Sebastian KOWOLL sur l’artwork du livret. Pensée également à Pontus MANTEFORS, Andy JOHANSSON et tous les autres membres de la formation nordique qui ont fait émerger l’un des meilleurs albums (art-)rock/metal de cette dernière décennie, ainsi qu’aux invités qui ont apporté leur personnalité pour le meilleur. Vivement la suite, avec un opus plus long dans sa durée, Pacifisticuffs étant tellement plaisant que l’on ne voit pas le temps passer et qui frustre beaucoup dès que la dernière note de l’instrumental de fin, Porch Of Perception, résonne. Dans tous les cas, voilà une galette qui donne la chair de poule, énormément de plaisir et qui explose de beauté à chaque instant. Pacifisticuffs est un joyau de la couronne suédoise dont je me suis immédiatement éprise. Une pièce d’orfèvrerie rare. Un objet d’art de précision qui ensorcèle dès la première écoute tant la joie de vivre et de transmettre ce sentiment y est palpable. Pour bien démarrer 2018, Pacifisticuffs est la super vitamine qu’il vous faut pour rester positif/ve en tous lieux et en tous temps, un feu sacré intérieur qui vous cajole et vous embrasse pour vous emporter loin des angoisses et de la tristesse, dans un endroit magique et festif, celui du DIABLO SWING ORCHESTRA.


Line-up :

Kristin EVENGÅRD (chant, piano)
Daniel HÅKANSSON (guitares, chant)
Pontus MANTEFORS (guitares, claviers)
Andy JOHANSSON (basse)
Johan NORBÄCK (batterie)
Johannes BERGION (violoncelle)
Daniel HEDIN (trombone)
Martin ISAKSSON (trompette)


Equipe technique :

Roberto LAGHI (production, enregistrement, mixage)
Dragan TANASKOVIC (mastering)
Pontus MANTEFORS (co-production, co-enregistrement)
Jakob HERRMANN (technicien son)
Sebastian KOWOLL (artwork)
Andy JOHANSSON (design livret)


Guests :

Alexander LÖVMARK (chœurs)
Ellinor BERGION (chœurs)
Lotta WILK (chœurs)
Diana LEWTAK (violon)
Yuki TASHIRO (violon)
Max WULFSON (violon)
Nathalie BERTILSSON (viole)
Viktor TUREGÅRD (contrebasse)
Paloma PINTO VILORIA (clarinette)
Kristian KARLSTEDT (tuba)
Michael OSBECK (percussions)


Crédits :

DIABLO SWING ORCHESTRA (paroles et musique)


Studios :

Enregistré et mixé aux Top Floor Studios (Gothenburg, Suède)
Masterisé aux Bohus Studios (Kungälv, Suède)


Tracklist :

1) Knucklehugs (Arm Yourself With Love)
2) The Age Of Vulture Culture
3) Superhero Jagganath
4) Vision Of The Purblind
5) Lady Clandestine Chainbreaker
6) Jigsaw Hustle
7) Pulse Of The Incipient
8) Ode To The Innocent
9) Interruption
10) Cul-De-Sac Semantics
11) Karma Bonfire
12) Climbing The Eyewall
13) Poch Of Perception

Durée totale : 45 minutes environs.


Discographie :

Borderline Hymns [EP] (2003)
The Butcher’s Ballroom (2006)
Sing Along Songs For The Damned And Delirious (2009)
Pandora’s Piñata (2012)
Pacifisticuff (2017)


Date de sortie :

Vendredi 8 Décembre 2017



Superhero Jagganath (extrait audio de l‘album) : cliquez ici
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