Français  
Accueil    Association    Liens    Livre d'or    Contacts 
Login: Passe:
 
S'inscrire gratuitement
Votre panier est vide
0 article
Valider votre panier
Chronique
SMOKE - The mighty delta of time

Style : Rock
Support :  MP3 - Année : 2022
Provenance du disque : Reçu du label
7titre(s) - 33minute(s)

Site(s) Internet : 
SMOKE FACEBOOK

Label(s) :
Argonauta
 (18/20)

Auteur : Alain
Date de publication : 28/05/2022
Incroyable syncrétisme de blues, de rock psychédélique, de sludge et j'en passe !
Diantre, c’est incroyable le nombre de groupes et d’artistes musicaux ayant opté pour le nom SMOKE !!! Parmi des dizaines d’autres, nous allons nous intéresser à un trio originaire des Pays-Bas, qui sort un premier album intriguant : The Mighty Delta Of Time. Comme le titre du disque le laisse présager, les trois complices semblent fascinés par l’ère géographique du delta du Mississippi. Mais plutôt que de pratiquer exclusivement l’un ou l’autre des styles musicaux généralement liés à ce pays de bayous (Delta Blues, Cajun Music, Rock sudiste, Sludge), SMOKE préfère braconner chez tout le monde, afin de parvenir à concocter un univers qui évoque indéniablement les ambiances moites et marécageuses visée, tout en revêtant un caractère plus universel.

Il est donc entendu que les schémas du Blues acoustique et de la musique cajun rôdent en permanence, avec ce sens du dépouillement d’une part, de l’ondulation déambulatoire d’autre part.
Même quand la guitare solo s’électrise, on a le droit à des notes éparses, langoureuses ou déchirantes, longuement tenues, parfois jouées en slide, quand ce n’est pas un dobro qui se fait entendre.
Et puis, inévitablement, il faut que ces approches subtiles, presque rampantes, acceptent la confrontation avec de francs orages électriques : la guitare slide déchaînée et les chœurs explosifs de Lineage, des séquences épaisses et lourdes évoquant le Sludge...

Parfois, ces guitares électriques pleines d’écho, combinée à des rythmes roides, m’évoquent curieusement la raideur laconique du Rock gothique (Bereft notamment sent très fort les années 80). Un cousinage paradoxal, accentué par le chant de gorge, clair, grave, modulé de manière subtilement théâtrale, un peu à la Layne STALEY (un titre comme Motion rappelle ALICE IN CHAINS en acoustique). Rien à voir avec un quelconque chant typé Blues, alors même que le rendu complète à merveille à la fois le versant dépouillé et celui nettement plus lourd.

En clôture d’album, les trois musiciens ont réservé deux pièces aux durées conséquentes, puisqu’excédant les dix minutes. Il y a tout d’abord Time, avec son introduction toute en notes délicates (quel subtil enchevêtrement des guitares électrique, acoustique et slide) qui aboutit à un chant merveilleusement harmonisé, tandis que le mode électrique ne s’installe progressivement, pour mieux céder la place à un break à nouveau très dépouillé. Et ainsi de suite jusqu’à la fin à l’intensité paroxystique. La progression dramatique est une pure merveille et l’ambiance générale confine au mysticisme, comme dans les pièces les plus barrées de THE DOORS. C’est un peu comme si le Blues plongeait dans un bain de psychédélisme pour en émerger transcendé.
Justement, le Blues s’impose comme la matrice de Umoya (le vent, en zoulou). Là encore, tout commence tout doucement, quelques notes de Blues presque prudentes, et ce chant comme habité, animé par des variations tout en maîtrise : c’est aérien et puissant comme du Jeff BUCKLEY ! Mais le tour de force sera réalisé à la guitare : à partir de 4’23, un léger solo semble flotter jusqu’à une montée en puissance, aussi irrésistible que le meilleur Sludge, avec toujours ce psychédélisme sous-jacent. A 5’50, un second solo se présente sur la ligne de départ : électrique, lent, torturé, suintant de Blues psychédélique, il entame une incroyable reptation longue de plus de quatre minutes, convoquant le feeling d’un Robin TROWER et l’usage forcené et âpre de la wah-wah à la Ron ASHETON (THE STOOGES, NEW ORDER, DESTROY ALL MONSTERS, NEW RACE). Loin de constituer un exercice de style prétentieux, ce solo exprime un sentiment dans chacune de ses notes et constitue au final un pic émotionnel imparable.

Quel magnifique premier album que ce The Mighty Delta Of Time et quelle découverte que ce trio, qui est bien loin d’être un simple écran de fumée. Allez, les gars, un second album, vite !

Vidéo de Motion cliquez ici
COMMENTAIRES DES LECTEURS Vos commentaires, vos remarques, vos impressions sur la chronique et sur l'album
Pour pouvoir écrire un commentaire, il faut être inscrit en tant que membre et s'être identifié (Gratuit) Devenir membre de METAL INTEGRAL
Alain Le jeudi 16 juin 2022
Dans le bayou, le serpent venimeux n'a pas tant besoin de force brute que de subtilité à l'approche. Bon courage au taquineur de baleine de l'estaque...
Pumpkin-T Le samedi 28 mai 2022

Ville : MARSEILLE
Très bon album qui m'aurait totalement conquis avec un rien de peps en plus.
 Actions possibles sur la chronique
Enregistrer la chronique au format .PDF
Afficher la version imprimable de la chronique
Envoyer la chronique par email
Ecrire un commentaire
Poser une question sur la chronique
Signaler une erreur
Chroniques du même style
TONY HARNELL & THE MERCURY TRAIN
Round trip
SYBERNETYKS
Dream machine
POETS OF THE FALL
Jealous gods
PURSON
Desire's magic theatre
SLUSH
Lizard skin
Chroniques du même auteur
TANK
Honour and blood
EMPYRIUM
Über der sternen
SUBTERRANEAN MASQUERADE
Mountain fever
ARGUS
Beyond the martyrs
FENRIR
Legends of the grail
© www.metal-integral.com v2.5 / Planète Music Association (loi 1901) /