THERE’S THE RUB (1974) 18/20 Après un album studio en demi-teintes et un album live brillant, faisant office de clôture de chapitre, WISHBONE ASH doit faire face à la défection du guitariste Ted TURNER, remplacé par Laurie WISEFIELD (en provenance de HOME). Superbement produit par Bill SZYMCZYK (THE EAGLES, JAMES GANG, THE OUTLAWS, Bob SEGER…), le disque est davantage équilibré que son prédécesseur, combinant à merveille nervosité Hard, apaisement Folk et Rock laidback californien. Des décennies plus tard, c’est un plaisir à écouter avec une bonne chaîne stéréo. De surcroît, le groupe s’ouvre logiquement à de nouvelles influences, comme sur le Funk lourd Hometown. Cependant, une partie du public de WISHBONE ASH regrettera une orientation trop américaine, alors même que There’s A Rub s’avère plus musclé que Wishbone Four : allez comprendre…
Notons que c’est à nouveau le studio Hipgnosis qui se charge de la pochette, avec un rendu aussi chromatiquement superbe que thématiquement phallocrate. Dans le genre cadrage pelvien, THE ROLLING STONES avaient frappé fort en 1971 avec Sticky Fingers. Le studio Hipgnosis allait réitérer en 1980 avec Animal Magnetism de SCORPIONS. Mais la ressemblance du thème de la balle dans la main allait se retrouver sur l’album Balls To The Wall d’ACCEPT (1983). Voilà pour l’anecdote. Injuste ou pas, le public a toujours raison et on peut affirmer que WISHBONE ASH a mangé son pain blanc et n’atteindra pas un palier supérieur, demeurant un groupe au succès intermédiaire, méritoire en studio et vaillant sur scène. Mais ceci est une autre histoire.
LOCKED IN (1976) 13/20 Avec Locked In, WISHBONE ASH va à nouveau tenter de faire craquer le marché américain. Après le très côté Bill SZYMCZYK, leur maison de disques leur octroie une autre pointure, Tom DOWD. Venu du Blues, du Jazz et de la Soul, ce gaillard aux oreilles dorées a également œuvré pour CREAM, THE ALLMAN BROTHERS BAND, BLACK OAK ARKANSAS, LYNYRD SKYNYRD, NEW MODEL ARMY, Eric CLAPTON, Rod STEWART, JAMES GANG, Joe BONAMASSA, MEAT LOAF, COPPERHEAD, excusez du peu ! Ce vétéran prodigue au groupe un son limpide, mais qui semble trop léger, manquant de mordant. Cependant, il serait absurde d’incriminer principalement le producteur quant à la qualité moyenne de cet album. La raison première de l’échec – tant artistique que commercial – réside dans le répertoire proposé. Certes typique du style WISHBONE ASH, il n’en demeure pas moins passe-partout, manquant d’accroches distinctives, tant sur le plan mélodique que rythmique. Des décennies plus tard, Locked In demeure très agréable à écouter, avec ce côté léger et détendu, si typique d’un certain Rock californien.
NEW ENGLAND (1976) 16/20 Sentant que la conquête des Etats-Unis lui échappait, le groupe se remet au boulot pour écrire et enregistrer New England, paru quelques mois après le flop de Locked In. L’album se trouve doté d’un son, certes limpide, mais plus dynamique grâce à la production de Ron et Howie ALBERT. Le disque recèle surtout des titres qui tiennent la route. Une certaine californisation est actée, notamment avec les langoureuses ballades Lonely Island (rêverie aux discrètes senteurs jazzy), (In All Of My Dreams) You Rescue Me, le groove tranquille de Lorelei, la déambulation bluesy When You Know Love. Comme en contrepoids, le groupe se fend du féroce mid-tempo (quasi Hard) Runaway, du dynamique Mother Of Pearl (et son efficace refrain repris en chœur), Et pour tous les fans de guitares jumelles, WISHBONE ASH leur dédie l’instrumental incandescent Outward Bound.
Il est évident que les fans du Progressif Argus ne trouvèrent pas leur compte avec ce New England, plus concis et apaisé, auquel il manque sûrement un ou deux morceaux électrisants. Le retour en forme s’avère donc avec New England, WISHBONE ASH rassurant les fans échaudés par Locked In. Pour autant, le succès public demeure circonscrit à l’Europe, les Etats-Unis demeurant circonspects. Qui plus est, en quelques mois, conscient de l’impasse, le groupe change de manager et de maison de disques. Plus grave, à l’identique de toute une génération de groupes du début des années 70, portés sur les guitares solos, WISHBONE ASH se trouve confronté à un changement de paradigme…
FRONT PAGE NEWS (1977) 15/20 Le Punk ! Alors que le quartette s’empresse de donner un successeur au très bon New England (avec le même tandem de producteurs), New York et Londres connaissent la germination et l’éclosion de groupes souhaitant revenir à la concision et à l’énergie primale du Rock. Bien que ne faisant pas partie des mastodontes explicitement visés par les sales gosses du Punk, le Rock racé, élégant, foncièrement mélodique du combo fait tache. Et l’album Front Page News, globalement paisible, accentue le porte-à-faux. Il faut attendre les sixième et septième pistes pour que les mid-tempo Come In From The Rain et Right Or Wrong apportent un peu de muscle. Très agréable à écouter, ce disque s’avère hélas dépourvu de morceaux imparables, susceptibles de sortir du lot, à l’exception du très bon Diamond Jack, hélas placé en dernier.
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