Dossier :
WISHBONE ASH : 1978-1980 la rédemption via l'électricité
Date de publication : 27/03/2025
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Auteur : Alain
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Entre 1974 et 1976, WISHBONE ASH a multiplié les albums studio en dents de scie et a perdu une bonne partie de son public. Bien que la vague Punk tende à décrédibiliser les groupes de ce genre, le quartette britannique ne lâche rien et va même connaître un regain de verve artistique, lors d’une période allant de 1978 à 1982.
NO SMOKE WITHOUT FIRE (1978) 18/20 Pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt, nom d’une Flying V ?! Rappeler le producteur de la première heure, Derek LAWRENCE, non pas pour recréer le son du début de la décennie, mais bien pour l’achever dans une posture renouvelée. D’où un son, certes limpide et détaillé, mais gavé de lignes dynamiques (guitares et basse), sans parler des lignes de chant qui ne se reposent pas uniquement sur les harmonies ou les chœurs pour prouver leur valeur. Surtout, le groupe a fait l’effort nécessaire pour débouler en studio avec des compositions affutées et une interprétation énergique. D’où découle que le titre le plus long de l’album, Stand And Deliver (7’15), soit l’un des plus électrisants, avec son refrain nerveux et perché, ses solos et harmonies de guitares chauffées à blanc. Hormis ce morceau de choix, fidèle à ses débuts Prog, le groupe clôture l’album avec un morceau, The Way Of The World, scindé en deux parties distinctes, pour un total de 9’25. Aucun bavardage dû au format extensible, juste des séquences successives qui s’étagent au fil d’une dramaturgie contrôlée, dominées par les guitares de WISEFIELD et POWELL. Certes, No Smoke Without Fire ne permet pas de craquer les marchés européens, encore moins les Etats-Unis. Mais il restaure fortement la crédibilité du groupe, hélas à un moment où ce genre de musique ne se trouve que fort peu relayé par la presse musicale. Cela dit, à mon sens, cet album demeure un disque indispensable.
JUST TESTING (1980) 18/20 Depuis 1974, avait habitué son public à une alternance d’albums piquants et de disques plus dispensables. Autant tuer le suspense, Just Testing prolonge à la fois la qualité des compositions et la verdeur de l’interprétation, le tout dynamisé par une production assez live et un mixage très détaillé. WISHBONE ASH montre les crocs de manière suffisamment convaincante pour susciter un certain intérêt parmi les nouveaux fans de Hard Rock. Inutile de s’essayer à une quelconque revue titre par titre, Just Testing se déguste dans son ensemble, gavé qu’il est d’une énergie régénérée : basse ventrue, guitares solos incisives, chant clair énergique, batterie nerveuse… Le tout au service de morceaux solidement charpentés, riches en accroches, tant mélodiques que rythmiques. A telle enseigne que WISHBONE ASH put surfer à la marge du regain pour le Hard Rock et le Heavy Metal en cette fin de la décennie 70 et au tout début de la nouvelle.
LIVE DATES VOLUME TWO (1980) 18/20 Live Dates avait clôturé la période faste du groupe ; ce second volume apporte une coda à la seconde partie des années 70, laquelle fut en dents de scie sur le plan artistique et marqua une nette baisse de popularité. Bien que reprenant l’univers visuel de son prédécesseur, ce double album live ne changea rien en termes de succès ; il possède cependant l’intérêt de présentant des versions scéniques de titres moins connus que les classiques de la première époque. On peut facilement affirmer que certaines compositions trop timides en studio trouvent ici un écrin autrement plus valorisant et pêchu. Précision : il ne s’agit pas de la captation d’un unique concert mais bien d’une compilation d’enregistrements réalisés entre 1976 et 1980. Par ailleurs, le label du groupe, MCA, s’illustra péniblement en publiant deux versions : un format simple (six titres) et un format double (douze titres). Avis aux collectionneurs ! A noter qu’en 2010 Enigmatic records a enfin publié une version CD avec les douze titres.
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