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Dentelle et barbelés
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Eh ! Ordinary Decent Life est déjà le troisième album de HERESY. C’est fou comme le temps passe vite ! Notez que trois skeuds en quinze ans d’existence est loin d’être un records mais, qui va piano va sano, n’est-ce pas ? Enfin, quand je dis piano, c’est relatif surtout à propos d’un groupe de thrash. Dès le titre d’ouverture, une fois passée l’intro de Dancing Shadows On Burning Grounds vous constaterez la capacité du groupe à riffer à grande vitesse. Pourtant la célérité n’est pas la caractéristique principale de nos montpellierains. J’irai même jusqu’à prétendre qu’il y a dans le thrash très personnel du groupe une manière élégante de te latter la tête en prenant son temps, sans précipitation. Peut-être que cette impression est, en partie, une conséquence de l’injection d’une pointe de heavy metal traditionnel dans le cocktail maison.
Tout amateur de thrash metal vous le dira, ce genre n’est pas monolithique et il existe un grand écart entre les différent groupes, notamment sur l’agressivité ou la nature mélodique des répertoires. Côté HERESY, nous avons affaire à une musique certes puissante et bien rythmée, qui respecte le staccato propre au genre, mais pas extrêmement brutale ni frénétique. Les tempos ne montent pas dans des tours hyper élevés et sont surtout très différents d’un titre à l’autre, contrairement à certains groupes qui ne trouvent leur salut que dans la fuite en avant. Ici, cette modulation est propice à maintenir l’attention de l’auditeur en apportant plus de relief à l’ensemble. Cela va d’un Innersight qui maintient sur la longueur la rythmique la plus serrée de l’album, à un Concrete Road qui baisse le régime ostensiblement pour mettre l’accent sur la lourdeur.
Le sens mélodique est extrêmement développé chez HERESY, qu’il s’agisse de la ligne vocale, des très bons solos, ou des airs émergeant d’une polyphonie bien travaillée. Concernant la voix, Geoffrey reste exclusivement sur du chant clair et module son flow entre un débit bien calé sur la rythmique mais sans excès de brutalité et quelques envolées totalement mélodiques, par exemple le refrain très accrocheur de Straight To The Wall. Et même, Days Without Sin pousse très haut le curseur sucré, quasiment jusque à la zone rouge « attention ballade ! ».
Excellent exercice de synthèse, Caveat Emptor au tempo modéré vous laisse un goût de METALLICA assez prononcé par son aspect mélodique, sans compter la petite rupture limite acoustique aux deux-tiers du morceau.
Ordinary Decent Life possède ses TOC et ses surprises. Au rayon TOC, il est à noter que la moitié des compositions commence par des introductions douces, parfois acoustiques avant de laisser place à un orage électrique. Entre nous ce contraste, même facile, n’est pas gênant et s’avère toujours très efficace. Côté surprise, je souligne l’étrange construction de Stray Dogs qui alterne entre des mouvements très carrés et électriques et des ruptures bizarres (presque psychédéliques). Ce dernier titre me laisse avec un grand sourire de satisfaction, notamment dû au solo final clôturé par une reprise rythmique du meilleur effet.
Ce nouvel album d’HERESY est une œuvre des plus attrayantes. Elle déroule un thrash metal mélodique et varié, mis en valeur par une production de qualité. Remarquez l’illustration de couverture signée Guillaume POITEL qui mélange dans un symbolisme surprenant, dentelle et barbelés, ronces et chair tendre, soit une définition plutôt bien vue de la musique du quartette.
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● Membres actuels
HERESY est composé de : - Geoffrey DARRAS, guitare et chant ; - Antoine BETTI, guitare ; - Jean-Philippe DEJEAN, basse ; - Cyril VALADE, batterie.
● Discographie principale
- 2013 : Powered By Anger - LP chroniqué ici ; - 2019 : The Dark Shore - LP ; - 2026 : Ordinary Decent Life - LP.
● En écoute ici
Extraits de Ordinary Decent Life : - Caveat Emptor : Cliquez ici !
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