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Chronique
TAD MOROSE - St demonius

Style : Heavy Metal
Support :  MP3 - Année : 2015
Provenance du disque : Reçu du label
12titre(s) - 48minute(s)

Site(s) Internet : 
TAD MOROSE OFFICIAL WEBSITE

Label(s) :
Despotz Records
 (14/20)

Auteur : Jan
Date de publication : 10/09/15
Un opus divertissant à défaut d'être captivant...
"Ayez du talent, on vous reconnaîtra peut-être du génie. Ayez du génie, on ne vous reconnaîtra jamais du talent." (Sacha GUITRY)

De tout temps, les amateurs d’Art, sous toutes ses formes, ont reçu, analysé, apprécié et jugé les œuvres de leurs créateurs et leur ont permis soit de briller de mille feux durant plusieurs décennies, voire plusieurs siècles, soit de tomber définitivement, ou presque, dans l’oubli, ne pouvant plus espérer en une partie, infime soit-elle, de postérité. C’est ainsi que Leonard DE VINCI ou Wolfgang Amadeus MOZART ont pu traverser les années et exister encore aujourd’hui dans le cœur des esthètes les plus avertis sans difficultés et que Paul CÉZANNE a dû batailler fort pour se frayer un chemin vers la reconnaissance qu’on ne lui refuse plus de nos jours à titre posthume.

Comme l’avait si bien dit Sacha GUITRY dans la citation ci-dessus, si vous avez du talent, vous serez forcément génial. Si, par contre, vous êtes naturellement doté de génie, vous ne serez, la plupart du temps, pas bien considéré par la masse « bien pensante » qui vous reprochera de manquer de talent à cause de sa jalousie maladive ou parce qu’elle ne comprend pas la raison d’être de votre œuvre. Pourtant, cette dernière n’a pas à justifier son existence par un quelconque concept, puisque l’Art n’est que l’expression (ou la projection) matérielle et concrète d’une pensée ou d’une émotion qui, elles sont immatérielles, éthériques...

Bien sûr, l’Art est également un vecteur de messages de toutes sortes, qu’ils soient politiques, philosophiques ou tout autres. Dans ce cas, l’Art vit à travers et pour une cause, juste ou non. C’est bien souvent ce qui anime les dessinateurs comme Plantu ou Philippe GELUCK ou les musiciens tels que Moby et Steve HARRIS.

Mais, dans tous les cas, si les individus qui jaugent ce que vous avez mis plus ou moins de temps à mettre au monde aiment ou non cette part de vous-mêmes, de vos craintes, de vos ressentis, de votre vision du monde, ce sera constamment eux qui vous créeront ou pas un futur, une carrière, un passage vers l’Eternité. Ce sont eux qui décident si vous avez LE talent ou LE génie. L’un ne va généralement pas sans l’autre. En principe...Et, pourtant, si vous avez plus que du talent, c’est à dire du génie, il est fort probable que vous soyez mis de côté et éclipsé par d’autres qui n’ont que le talent ordinaire. Et l’on ne vous prêtera pas plus d’attention qu’à un papillon en train de butiner une fleur ou qu’à un SDF assoupi sur un trottoir en face d’un grand magasin.

C’est la mésaventure qu’ont, malheureusement, connu les suédois de TAD MOROSE. Ayant vu le jour au tout début des années 90, la carrière de la formation n’a jamais réellement décollé, bien que le quintet nous ait offert quelques superbes offrandes musicales qui n’ont pas à rougir face à un Powerslave (IRON MAIDEN), un Painkiller (JUDAS PRIEST) ou un Russian Roulette (ACCEPT). Entre 1997 et 2003, le groupe a élaboré quatre albums (A Mended Rhyme, Undead, Matters Of The Dark, Modus Vivendi) qui auraient normalement dû lui permettre de gravir les échelons et de se frayer une place parmi les meilleures formations européennes.

Mais, les mélomanes de tous pays ont préféré se tourner vers les ténors du genre comme IRON MAIDEN (et le retour de DICKINSON), ou SAXON (et ses trois excellentes rondelles, Unleash The Beast, Metalheads et Killing Ground). Rien de plus normal à cela, ceci pour trois évidentes raisons : 1) TAD MOROSE n’a pas eu assez de poids sur la scène metal, bien que sa musique soit tout aussi prenante, si ce n’est plus, que celle des sorties des autres combos de l’époque, 2) sa musique est parfois considérée comme trop complexe par rapport au style pratiqué, ce qui lui a valu d’être qualifié de groupe de heavy progressif, 3) les changements de chanteurs ont été déstabilisants pour les fans (5 frontmen différents se sont succédés au cours des années, les deux plus importants – Kristian ANDRÉN et Urban BREED – ayant quitté le navire beaucoup trop tôt selon les supporters de la formation). Ces trois points permettent à eux seuls de comprendre pourquoi le quintet n’a pas pu réellement prendre son envol.

En 2008, Joe COMEAU (LIEGE LORD, ex-ANNIHILATOR) quitte son poste de vocaliste pour laisser la place à Ronny HEMLIN (INMORIA, ex-STEEL ATTACK), qui enregistrera Revenant en 2013, un disque plutôt enragé et définitivement plus dépouillé musicalement que ses prédécesseurs. Problème : ce léger changement de cap n’a pas totalement plu et TAD MOROSE s’est retrouvé quelque peu sur le bas-côté. Pourtant, Revenant reste, selon moi, un solide cru métallique qui peut aisément rivaliser avec Tenth Dimension de Blaze BAYLEY ou Firesoul de BRAINSTORM.

Du coup, cette petite modification dans le style pratiqué a encore éloigné le groupe du feu des projecteurs. Aujourd’hui, il décide de faire un come-back avec un 8ème opus intitulé St Demonius.

Derrière sa belle pochette d’un bleu intense et son manoir hanté, ce nouvel album est dans la lignée du précédent. Le heavy de TAD MOROSE a définitivement abandonné les éléments progressifs qui régnaient sur A Mended Rhyme et Matters Of The Dark pour se concentrer sur quelque chose de plus brut de décoffrage. Cependant, St Demonius paraît moins dynamique et brutal face à Revenant. La musique du groupe s’est relativement assagie et risque de décontenancer ses derniers aficionados.

De bout en bout, on ressent un certain essoufflement tout à la fois dans l’inspiration, - les compos semblent plutôt répétitives -, et dans l’interprétation qui se veut moins enjouée. Même Ronny a bien du mal à tenir cet effort collectif hors de l’eau.

St Demonius n’est pas à proprement parler une "tuerie" et n’a quasiment rien de démoniaque. Avec ce titre d’album, je pense que l’on aurait été en droit d’attendre une galette enflammée, passionnée, infernale. Ne serait-ce qu’un minimum. Ici, c’est assez "calme", malgré des passages énervés, - Dieu merci ! -, au travers de rythmiques convenues et de riffs assassins, parsemés ici et là.

Cet opus reste, toutefois, un agréable divertissement qui s’écoute d’une seule traite. Même si la créativité des musiciens est ponctuellement aux abonnés absents, elle ne disparaît pas totalement, mais certains emprunts aux thème musicaux d’autres groupes sont flagrants : par exemple, l’intro de Bow The Reapers Blade est calquée sur celle de Forever Free de STRATOVARIUS et Black Fire me rappelle assez étrangement un titre de NIGHTMARE ou d’ARCH ENEMY.

Cependant, St Demonius plaira sans aucun doute aux métalleux pas trop exigeants en matière de heavy à l’ancienne car cet album contient quand même quelques bons titres comme Dream Of Memories, Your Own Demise et Remains, pour ne citer que ces quelques compos bien lourdes et efficaces. Mais il ne faut pas s’attendre à un Undead bis, ni même à un second Modus Vivendi. TAD MOROSE reste toutefois une formation talentueuse qui manque un peu de génie depuis 2003, mais qui mérite d’avoir toute votre attention, parce qu’un groupe de cet acabit ne court par les rues de nos jours. En résumé, St Demonius est un opus divertissant à défaut d’être captivant, mais néanmoins bien trop court à mon goût, la durée des chansons dépassant timidement les 5 minutes pour seulement l’une d’entre elles, les autres se situant en moyenne aux alentours des 4 minutes, soit un total de presque 48 petites minutes. Un ou deux morceaux épiques à la Life In A Lonely Grave ou Guest Of Inquisition n’auraient pas été de trop, histoire de rallonger un tantinet ce disque fluide, filant à toute allure de la première note à la dernière, et de s’octroyer une image plus en phase avec ce que doit être celle d’un combo évoluant dans ce style pêchu et puissant, qui ne doit pas seulement créer des titres courts taillés pour les radios et la scène, mais aussi et surtout des compositions plus longues prenant aux tripes, telles Rime The Ancient Mariner (IRON MAIDEN) ou The Pharaoh (EDGUY). Peut-être aurons-nous la bonne surprise de découvrir un tel titre sur le prochain album des suédois. Pour l’heure, il faut se contenter de cette "compilation" de singles potentiels, déjà pas trop mal même si à peine inventive et apprécier le fait que cette formation, autrefois si prolifique en terme de bonnes idées musicales, est toujours sur les rails pour nous offrir ce qu’elle sait le mieux faire depuis Revenant, un heavy metal honnête et attachant.

Line-up :

Ronny HEMLIN (chant)
Kenneth JONSSON (guitares)
Christer "Krunt" ANDERSSON (guitares)
Tommi KARPPANEN (basse)
Peter MORÉN (batterie)

Clip vidéo officiel de Forlorn.
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