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Chronique
HARLOTT - Extinction

Style : Thrash
Support :  MP3 - Année : 2017
Provenance du disque : Reçu du label
12titre(s) - 52minute(s)

Site(s) Internet : 
HARLOTT FACEBOOK

Label(s) :
Metal Blade
 (17/20)

Auteur : Jan
Date de publication : 10/05/17
Puissance, énergie, force, mélodie, tradition.
« La Mort n’est rien. Elle n’est que l’extinction de l’artifice par lequel la Nature vous a fait croire que vous étiez quelqu’un. La Vie n’est rien. Elle n’est que la lumière que vus avez produit en croyant que vous étiez quelqu’un. »

(Philippe Bartherotte, ‘Sugar Baby’ – 2011)

Quelle vision réaliste de l’existence humaine de Philippe Bartherotte ! En effet, la Vie et la Mort ne sont rien d’autre que des flux transitoires par lesquels chaque créature sur cette planète est obligée de passer pour expérimenter la matière et sa réalité immédiate afin d’acquérir une certaine sagesse, ce qui lui permettra de réinitialiser ou non un cycle d’incarnations en fonction de ses actes passés, présents et futurs. Cette alternance de flux, respectivement naissance – vie – mort, est l’impermanence dont parlait Bouddha il y a 2500 ans. Et parce que l’impermanence est un principe essentiel que tout Homme devrait intégrer pour ne plus être dans l’attachement d’aucune sorte, qu’il soit matériel, émotionnel, autre. Pour ne plus se croire le centre du monde. Afin de ne plus se considérer comme un Dieu parmi les Dieux. Alors qu’il n’est que chair, sang et os quand il est en Vie et se transforme en poussière lors de son trépas. Autant dire que l’être humain, tout comme les autres espèces animales, n’est qu’un détail infime dans l’immensité universelle. Un microbe dans la parfaite allégorie de l’espace intersidéral. Il n’est pas quelqu’un. Il n’est rien. Juste une étincelle de Vie...

Mais, c’est parce que l’humain se pense au-dessus de toutes les autres formes de Vie qu’il s’arroge le droit divin de création et de destruction sur tout ce qui l’entoure. Comme les industriels, par exemple, qui s’amusent à polluer les rivières et océans, à souiller l’air que nous respirons ou à planter des graines fabriquées en laboratoire. Comme les politiciens, qui jouissent lorsque des pauvres gens dans la misère tentent tant bien que mal de survivre dans un monde qui ne souhaite que leur disparition, les considérant comme des parasites infâmes qui vampirisent ceux qui travaillent vaillamment et s’acquittent de leurs impôts. Comme les militaires qui ont la mitraillette ou l’avion de chasse qui les démangent et qui estiment les populations qu’ils déciment comme de vulgaires dommages collatéraux. Comme les carnistes qui se délectent avidement de la chair d’autres espèces. Comme les racistes dont la simple vue d’une autre couleur de peau que la leur les révulsent au point d’aller casser du noir, broyer du beur, tabasser de l’asiate ou estourbir du blanc. Comme les LGBTI-phobes qui adorent s’insinuer de manière perverse dans l’intimité de celles, ceulles et ceux dont la sexualité ou l’identité diffèrent. Comme les misogynes qui mettent plus bas que terre les seules créatures humaines qui peuvent porter et donner la Vie alors qu’il faudrait les porter aux nues. Comme les féministes extrémistes qui pavanent stupidement en évaluant à tort l’homme comme un banal reproducteur sans lui donner une chance de se racheter de ses erreurs passées. Comme toutes celles, ceulles et ceux qui ne vivent que par et pour les préjugés en oubliant de se mettre à la place de l’autre, qu’il soit humain ou non humain, en omettant de chausser ses godasses pour mieux comprendre ce qu’a été et est son existence.

Dans ce sens, l’être humain n’est, effectivement, qu’un homoncule qui surestime son importance aux yeux du mécanisme universel, dont il n’est qu’un rouage parmi une infinité d’autres plus ou moins décisifs. Nonobstant le fait qu’il en soit parfaitement au courant, il s’insurge comme un enfant gâté contre cette réalité qui le place à un niveau inférieur à celui de son imaginaire trop fertile et puéril. N’hésitant pas à saccager son monde, sa maison, la destinée de ses semblables.

C’est ainsi que nous en sommes arrivé(e)s aujourd’hui à devoir faire face à une sixième extinction de masse fortuite. Pourtant, nous croyons sottement à notre salut qui, malheureusement pour nous mais heureusement pour Gaïa, n’arrivera certainement jamais si nous persistons dans notre entêtement à désirer tout contrôler sur cette petite boule tellurique perdue au beau milieu d’un océan d’étoiles. Puisque nous avons substantiellement négligé que si les animaux disparaissent, par la faute de nos activités cupides et de notre attitude destructrice, notre civilisation risque fort également de connaître le même sort.

C’est pourquoi, certaines formations musicales, exaspérées de constater les dégâts de l’humain en sa demeure terrestre, sortent régulièrement de leur torpeur pour nous avertir. Ce fût le cas, il y a peu, de SONATA ARCTICA avec The Ninth Hour. Il faut désormais compter aussi sur les australiens de HARLOTT et leur arme de prise de conscience massive clairement intitulée Extinction, illustrée d’une pochette très explicite, réalisée par Andreï BOUZIKOV, elle aussi, si besoin était d’enfoncer encore plus le clou de l’éveil cognitif des évènements tragiques qui se déroulent sous nos yeux endormis.

Après un second opus très efficace, le massif Proliferation, dont la thématique portait sur la multiplication des armes nucléaires alors que les principaux pays avaient signé quatre accords successifs pour en réduire raisonnablement le nombre (les fameux traités SALT, SALT II, START et New START), les natifs du pays des kangourous, d’AC/DC et du docteur Chris Brown, ont judicieusement décidé de continuer leur dénonciation des abus de notre société occidentale en abordant, cette fois-ci, un sujet plus moins stratégique et beaucoup plus écologique, en parlant de notre rapport avec notre Mère la Terre et tous ses autres locataires. Ce qui est rarissime dans le monde du thrash metal, les combos préférant se concentrer sur des thèmes plus offensifs, tels que la guerre en général, les violences en tous genres et, pour certains d’entre eux, l’occultisme.

Il est, donc, fort naturel pour HARLOTT de se placer dans une continuité musicale et de reprendre les mêmes recettes que sur Proliferation, avec les mêmes faiblesses et les mêmes forces.

Du point de vue des choses qui fâchent, une redondance dans la façon dont son construits les titres ainsi qu’un manque flagrant de personnalité. Le groupe est trop imprégné de ses influences américaines (SLAYER, EXODUS, DEATH ANGEL) et la structure même des chansons s’en ressent obligatoirement. Même si une petite lueur de diversité puisse poindre ponctuellement à l’horizon avec une ouverture sur la scène germanique avec des mélodies puissantes et caractéristiques de DESTRUCTION ou KREATOR.

A contrario, la maîtrise technique est toujours la marque de fabrique des océaniens, qui déroulent aussi aisément les riffs monstrueux, les rythmiques à la double, les chants d’égorgé vif, les soli infernaux comme si leurs vies en dépendaient. C’est si bien fait que les défauts de cette troisième rondelle ne sont que de minuscules cailloux qui viennent se frotter vainement au solide pare-brise qu’est le thrash du quatuor qui roule à fond la caisse, ne se préoccupant pas du tout du gravillon qui pourrait venir le percuter afin de tenter de le déstabiliser dans sa démarche sincère.

Certains morceaux sont, cependant, plus mémorables que d’autres, tels que Extinction et sa paisible introduction avant une déflagration sonore costaude, le mélodique The Penintent, le très court Violent Conspirator, And Darkness Brings The Light qui est la bonne surprise de l’album car progressif et épique à souhait ou le megadethien Parasite. Le reste est plus convenu, moins excitant.

Cela dit, Extinction réveille bien comme il faut et peut permettre d’atteindre les esprits en les mettant face à leur responsabilité de la tournure que notre monde commun prend pour ceux qui n’auraient pas encore ouvert les yeux et leur cœur sur l’appel de détresse de la Terre et de ses habitants. Histoire de leur montrer que ce qui les attend n’est que destruction de l’environnement et disparition de toutes les espèces, y compris la nôtre, et que, de ce fait, il importe d’agir dès aujourd’hui pour éviter cette tragédie, pour l’heure, évitable.

Puissance, énergie, force, mélodie, tradition. Voilà les ingrédients qui mettent en valeur cet opus, magnifié par la production corpulente et compacte du seul et unique Jens BOGREN, que vous connaissez déjà certainement pour son travail avec d’autres hordes chevelues de ménestrels européens telles que ARCH ENEMY, KREATOR, DRAGONFORCE ou MANIGANCE, par exemple. Sans lui, le résultat de cet athlétique Extinction n’aurait pas été aussi bon, selon moi. Du moins, pas aussi cohérent pour mettre en exergue la qualité musicale des douze titres en présence. Le coup de main de Jens permettra sûrement aux jeunots de HARLOTT de gagner en confiance et en rayonnement sur une scène déjà très encombrée. Il ne manquera plus qu’une empreinte personnelle plus marquée et les australiens arriveront, sans aucun doute, à se frayer un chemin parmi les formations récentes les plus en vogue dans nos contrées tempérées. Ce mélange de modernité et de classicisme est vraiment plaisant. C’est ce qui m’a séduite sur chez HARLOTT. Et j’espère bien que la prochaine galette saura éviter les écueils précédemment cités et qu’elle sera une nouvelle baigne dans la gueule, comme celle que je viens de recevoir. Bon, je vous laisse, je dois aller m’inscrire chez Sea Shepherd, grimper sur la cheminée d’une centrale nucléaire, m’enchaîner à un platane, sauver les koalas et préparer mon dîner végan, en gros, j’ai du taf sur la planche si je veux pouvoir avoir la conscience tranquille en agissant à mon niveau pour préserver la beauté du monde et les innombrables créatures qui y grouillent.

Line-up :

Andrew HUDSON (chant, guitares)
Jake WEBER (guitares lead)
Tomas RICHARDS (basse)
Tim JOYCE (batterie)

Equipe technique :

Jens BOGREN (mixage, mastering)
Andreï BOUZIKOV (artwork)

Studios :

Enregistré aux studios Monolith (Mill Park, Victoria, Australie)

Tracklist :

1) Extinction
2) First World Solutions
3) The Penitent
4) Whore
5) No Past
6) Conflict Revelation
7) Better Off Dead
8) Violent Conspirator
9) And Darkness Brings The Light
10) Final Weapon
11) Parasite
12) Epitaph

Durée totale : 52 minutes

Discographie :

Origin (2013)
Proliferation (2015)
Extinction (2017)

Date de sortie :

Vendredi 7 Avril 2017

Whore : cliquez ici

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