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Chronique
ADAMANTIS - The daemon’s strain

Style : Heavy Metal
Support :  MP3 - Année : 2022
Provenance du disque : Reçu du label
4titre(s) - 29minute(s)

Site(s) Internet : 
ADAMANTIS BANDCAMP
ADAMANTIS FACEBOOK

Label(s) :
Cruz Del Sur
 (18/20)

Auteur : Alain
Date de publication : 20/06/2022
Heavy brillamment épique
Voilà bien une chose que l’on ne saurait reprocher à ce groupe originaire du Massachusetts, c’est celui de s’être reposer sur ses lauriers pour marquer sa première empreinte.
En effet, ce groupe du nord-est des Etats-Unis ne s’est jamais réfugié derrière on ne sait quelle facilité héritée du Speed et du Power Metal originels des années 80 et 90, sans pour autant se contenter de renouer avec la tradition du Heavy Metal européen en mode ligne claire, tel qu’institué par JUDAS PRIEST et brillamment bousculé au début des années 80 par des hordes de formations avides d’injecter une grosse dose épique, juste histoire de correspondre aux textes et à l’imagerie Heroic Fantasy largement adoptée à l’époque.
L’exemple le plus flagrant demeure encore aujourd’hui la première décennie discographique de MANOWAR. Mais comment ne pas citer en vrac (et en oubliant quantité de braves !) les noms des groupes qui tentèrent d’insuffler ce vent dynamisant et transcendant qui éleva le Heavy Metal américain au-delà des critères basiques de la simple efficacité tranchante : MANILLA ROAD, WARLORD, CIRITH UNGOL, CHASTAIN, OMEN, GRIFFIN, HEIR APPARENT, FATES WARNING, BROCAS HELM et consorts tentèrent tous d’emmener le Metal vers des rivages plus imaginatifs et animés.

ADAMANTIS reprend à son compte cette ambition, avec l’obligation de faire face à quatre décennies écoulées depuis ce supposé âge d’or. D’un point de vue strictement technique, cet énorme hiatus permet au groupe de bénéficier d’un son certes clair et tranchant, mais également puissant et gavé de reliefs : percutant ou limpide quand nécessaire, en somme les qualités des 80’s sans les faiblesses rédhibitoires de cette époque pionnière.

Viennent ensuite les références stylistiques. En la matière, là encore ADAMANTIS a le choix parmi les multiples sous-genres qui complexifièrent la cartographie du Heavy Metal au cours de la décennie 80 : Heavy Metal racé, qui peut se parer d’atours Power Metal quand la double grosse caisse renforce notablement les rythmiques et que le tempo accélère quelque peu, mais aussi Heavy Metal épique. Puisant dans ces référentiels typés, ADAMANTIS peut à la fois revendiquer son inscription dans la tradition et en proposer un panachage habile et salutaire.

The Daemon’s Strain est un EP riche de quatre compositions, qui fait suite à un premier EP quatre titres autoproduit, Thundermark (2018), et à un premier album, également autoproduit, Far Flung Realm (2020), lequel fit une si forte impression qu’il bénéficia d’une sortie aux formats CD et vinyle par le redoutable label italien Cruz del Sur Music !

Après ces débuts autogérés, il semblerait que les trois complices veuillent à nouveau présenter une carte de visite, cette fois-ci appuyé en bonne et due forme par le début cité ci-avant. Les grincheux objecteront que, quatre, c’est peu ; ce à quoi je rétorquerai bien volontiers que le groupe veut sûrement pratiquer la politique des petits pas. Qui plus, l’échantillon proposé ici s’avère tout à fait pertinent, alléchant et représentatif.

C’est ainsi que le titre d’ouverture, le bien nommé Storm The Walls combine la classe du Heavy Metal affûté et chromé tel que le pratiquèrent QUEENSRŸCHE (le temps du premier mini-album Queen Of The Reich), VIRGIN STEELE (les albums des années 80) ou HEIR APPARENT, avec l’impact puissant du Power Metal mélodique. Diablement efficace.

L’introduction du titre suivant, Dark Moon Goddess, débute par une dynamique guitare acoustique, rejointe par une guitare électrique solo et un chant articulé et combien expressif : saisissant début ! Au bout d’une minute, une rythmique de plomb durcit le débat et le chant pousse raisonnablement dans les aigus, un mouvement d’alternance entre les deux types de séquences se mettant en place, les solos de guitare se faisant de plus en plus intenses. Des chœurs efficaces, ainsi que de discrets arrangements de claviers, ajoutent à l’attractivité de ce morceau subtilement progressif (imaginez une version plus musclée du Journeyman d’IRON MAIDEN en 2003).

Retour à une stratégie franchement plus directe et musculeuse avec Thundermark. Oui, le titre éponyme du premier EP, ici revisité et surtout impérialement interprété par le chanteur Jeff MARK, dûment soutenu par des chœurs et des harmonies. Le batteur Evgeny GROMOVOY s’en donne à cœur joie, soutenu par les lignes de basse épaisses et métalliques prodiguées par Cody PELCHAT (parti depuis) et propulse le titre dans ces pulsations Power Metal si jouissives. Pendant ce temps-là, les guitaristes Javier ESTRADA et Jeff TAFT (depuis remplacé par Teddy SHAO) tronçonnent des riffs sévères, contrastant avec des solos brillants, aussi tranchants que mélodiquement construits.

Reste à évoquer le monolithe qui, à lui seul, justifie l’acquisition de ce format court : The Daemon’s Strain (House Carpenter), soit une impressionnante réinterprétation de la ballade anglaise traditionnelle House Carpenter, déjà brillamment interprétée par quantité d’artistes contemporains (Joan BAEZ notamment cliquez ici et, plus récemment, MYRKUR cliquez ici et cliquez ici). ADAMANTIS accapare cette histoire et ces mélodies dramatiques pour en faire un tour de force dramatique de Heavy Metal progressif et épique, culminant à près de treize minutes ! Le miracle dans cette affaire ? C’est qu’il en ait plusieurs qui opèrent simultanément. Premier miracle, celui de l’arrangement : sans jamais trahir les mélodies originelles, le groupe les incorpore au service d’un dispositif dramatique non exempt d’une certaine grandiloquence, conjuguant le meilleur du Folk avec les vertus mélodiques irrésistibles du Speed et du Power Metal (HELLOWEEN, HEAVEN’S GATE, SCANNER), le tout subsumé par un sens irrésistible de l’orchestration : une pure merveille !
Cerise sur le gâteau, le groupe précise que son interprétation de la trame narrative traditionnelle – sollicitée par le diable, une épouse abandonne mari et enfant pour trouver la mort en mer et finir damnée – pour renverser le point de vue, à savoir une femme puissante qui s’émancipe (avec le renfort essentiel d’un chant féminin parfaitement dosé et d'une illustration de pochette puissamment évocatrice).

Ayant brillamment franchi un premier cap - celui des enregistrements autoproduits - ADAMANTIS livre un premier témoignage pleinement professionnel absolument passionnant et convaincant. De quoi alimenter notre impatience à découvrir un second album qui répondrait aux critères qualitatifs honorés dans le cas présents.

Vidéo de Storm The Walls : cliquez ici
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